P'tit coup d'œil dans l'rétro…
Une hivernale en marge du traditionnel Millevaches qui trouve son origine à la suite du décès en 1971 de Michel Perdrix qui était le Président du MC 95 (Moto Club Pirate) à Paris et créateur du premier rassemblement des Millevaches au Mont Audouze en 1969.
Son épouse Annick Perdrix et le MC 95 ont perpétué cette hivernale jusqu’en 1974.
En 2009, le Moto Club Meymacois, club FFM, décide de refaire la concentration. 
Plusieurs anciens et des membres du MC 95 qui ont participé aux premières éditions des Millevaches des années 70, estiment que l’organisation du Moto Club Meymacois ne correspond pas aux valeurs et à l’esprit de son fondateur Michel Perdrix.
Ils ont donc décidé d’organiser son rassemblement dans un autre lieu pour renouer avec ses idées et ses valeurs de fraternité motocycliste.
L'AUTHENTIC était née !O.

LOGO Millevaches Authentic

Tous différents, tous animés des mêmes valeurs !

Venant tous de différents coins, certains de Savoie, d’autres de la Drôme, de Marseille, et en ce qui me concerne du Sud Ardèche, nous nous sommes donnés rendez-vous au niveau du petit village de La Chaise-Dieu en Haute-Loire, autour d'une pause repas, comment dire, notre dernier vrai repas du week-end.
Au niveau de nos montures, c'est assez disparates en terme de modèles et de cylindrées mais c’est ça le plaisir faire des rencontres enrichissantes dans la différence. On pouvait retrouver des trails, des routières, sportives et roadsters.

Ma préparation…

Pour cette hivernale nous voulions tous en découdre avec la neige.
Grâce à différents conseils je m’étais préparée avec de la cordelette et gros rislants afin de me fabriquer des pneus de compétition, capables de tenir sur la neige, oui enfin j’avais envie d'y croire.

Côté paquetage. Il était constitué du nécessaire pour le week-end : réchaud gaz, gamelle, tente, couverture de survie, tarp, outils multifonctions, chaufferettes à usage unique pouvant tenir entre 5 et 10h, un tapis de sol, matelas, vêtements chauds, duvet résistant à basse température, bombe de graisse, bombe anti crevaison, ruban adhésif résistant, trousse de secours, de l'eau et de la nourriture lyophilisée, barre de céréales… la liste est non exhaustive.

Côté fringues. Je roule habituellement en full cuir, été comme hiver, mais pour l’occasion, un équipement textile chaud et résistant à l'humidité ainsi que des bottes gore-tex pour affronter au mieux les intempéries du voyage, étaient de rigueur.

Une fois tous rassemblés, nous devions regagner le point de ralliement situé sur la commune d'Anzat-le-Luguet dans le Puy-de-Dôme (63), à 1140 m d'altitude, et prendre possession de nos précieux laissez-passer, avant de nous rendre sur le point exacte du bivouac.
Tout au long du trajet nous avons eu à faire à une pluie battante et à notre grand désespoir toujours pas de trace de neige.
Le Bivouac étant plus haut en altitude, peut-être y en aurait il ?
De petits virolos à chemins plus étroits nous sommes enfin arrivés à la nuit tombante, sous une pluie plus fine, ce coup-ci, sur le lieu tant espéré.

Sacrée mésaventure pour mon Z800 plutôt lourd et pataud !

Que fut pas mon angoisse à la découverte de l'accès ! De la bouillasse épaisse, froide et collante.
Je n’avais jamais roulé sur un terrain aussi accidenté et mouvant…
Sous les encouragements des mes compagnons de route et de motards inconnus, je me suis lancée, intimidée par cette nouvelle sensation de terrain de jeu.
Un mètre puis deux et un troisième… Des glissades et hop hop, me voilà couchée sagement sur le flanc. Et oui, la bouillasse voulait m’engloutir mais elle ne savait pas à qui elle avait à faire.
Avec l'aide de mes semblables, je me suis remise en selle et me revoilà chevauchant ma monture traversant un immense champs a vaches boueux, accidenté et rempli de tentes.
Ce qui est appréciable dans ce genre de rassemblement, c’est que nous sommes tous dans la même galère et un mouvement de solidarité se fait sentir.

Installation de mon bivouac…

Afin de nous protéger du vent intense qui venait de se lever, nous avons opté pour un emplacement un peu en contrebas, protéger par une petite muraille de pierres et de végétation.
L’expérience fait que monter et démonter une tente, même en pleine nuit, devient un jeu d'enfant et n'a plus de secret pour moi.
Une fois le petit nid monté, un feu allumé et la moto quasiment déchargée, il ne restait plus qu’à partir à la rencontre de ces motards aussi différents les uns que les autres et de leurs montures.

Au bout du champs quelques sanitaires de fortunes mais honnêtement je n’ai pas voulu faire leur connaissance. Un peu plus loin des énormes tas de bois mis à notre disposition contre un petit ticket remis plus tôt dans la journée et ensuite un énorme chapiteau remplis de motards.

Un vrai Woodstock motard !

Houlà ! J’ai l’impression d’être revenue des années en arrière.
J’ai été surprise de trouver des motos d’un autre âge avec des propriétaires, eux aussi d’un autre âge. Une ambiance old school où la barbe ZZTop était largement de rigueur.
Du cuir, du textile, de l’imperméable… Un monde aussi éclectique que communautaire. Il y avait les bikers, les enduristes, les sidecaristes : un microcosme sous une tente immense !
Je dois dire que j'ai ressenti un grand moment de solitude en voyant que la gent féminine était si peu représentée mais bon, après tout nous sommes tous des motards liés par une même passion, donc ma place était toute aussi légitime que celle de ces bonhommes aussi rudes que le temps.
Dans des conditions pareilles, cela faisait longtemps que je n’avais de féminin que mon prénom et ma physionomie car je peux vous dire que j’étais devenu aussi rustique que le lieu du bivouac.
Dans ce genre de lieu à l’hygiène plus que précaire, où les futilités n'ont pas vraiment de place, il est difficile de conserver une certaine coquetterie, mais c’est ça aussi l’ambiance motarde… 
Euh oui, mais point trop n'en faut, il est important de veiller à conserver un semblant de féminité tout de même.

Froid et grésil, ça pique !

Toujours pas de neige à l'horizon mais un vent de plus en plus violent, froid et chargé de grésil, ces gouttes d’eau gelées qui piquent quand elles vous arrivent au visage.
Je ne vous cache pas que le passe-temps du moment dans ces lieux rudes et coupés du monde, ce sont les échanges autour de verres de bière. Certains sont là pour la première fois d’autres viennent chaque année, et ce depuis longtemps. On retrouve la trace de leur présence sur leurs vêtements où sont apposés les écussons des années précédentes.
Il est, malgré le froid et les intempéries, plutôt agréable de se retrouver autour d'un verre, d'un feu, à discuter de expériences de chacun, de refaire le monde, de la route emprunté et de l’itinéraire du lendemain.

La fatigue arrivant. Il était temps d'aller retrouver son abri de fortune. Emmitouflée dans mon duvet et partageant la tente avec deux de mes compagnons de route, la nuit fut plutôt rude. Le vent violent à l’extérieur me donnait à chaque rafale l’impression que nous allions nous envoler. Les sifflements, le bruit de la pluie et ensuite du grésil ne faisaient qu'intensifier ce sentiment de fin du monde.
Au réveil allions-nous trouver de la neige ? Cette neige que je voulais fouler de mes pieds et de mes roues.

Vive l'Auvergne et ses routes magnifiques !

Le réveil se fit sous le bruit des intempéries et des moteurs des premiers courageux à reprendre la route. Et bien non pas de neige mais de la pluie et une nouvelle fois habillage et levée de camps sous la flotte. Et oui, c’est ça aussi le plaisir du bivouac à moto.
Il était l'heure et nous devions reprendre la route.
Des routes magnifiques à travers l’Auvergne. Des sinueuses, des toutes droites et des étroites… La pluie ne nous a pas lâchée, elle a voulu nous accompagner durant tout notre périple, avec plus ou moins d'intensité, mais fidèle.
Je ne sais pas combien de kilomètres nous avons parcourus, je ne sais pas exactement quelles routes nous avons empruntés, je me suis simplement laissée guider par l'instant et j'ai fait confiance à mes acolytes.

 

Cette hivernale fut une belle expérience…

Une expérience sans neige mais enrichissante. Je ne pense pas la renouveler autant de fois que certain, mais qui sait. Je n’en ai pas fini avec la neige, je veux l'affronter et en ressortir plus aguerrie.
Je remercie mes compagnons de route pour m'avoir fait confiance et surtout pour leur bonne humeur malgré les intempéries, ça réchauffe les cœurs et les esprits !

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