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 cameroun

De temps en temps, trop peu souvent à mon goût, je reçois un article de mon ami Serge Grandvaux, Chevalier De La Route du Jura, brillante plume s'il en est. Et voilà qu'il y a 4/5 jours celui-ci m'informe qu'il met la touche finale à son second roman intitulé : « Petites réunions entre amis ». Souvenez-vous il y a quelques années nous avions édité son premier roman « Lettres à un ami motard ». Bon il récidive, c'est génial, je vous en reparlerai rapidement.

En attendant pour ceux d'entre vous qui ne connaissent pas encore Sergio, voici un texte qu'il a pondu sur un continent cher à mon cœur : l'Afrique.
Partons à la découverte de Douala, Capitale économique du Cameroun, à travers le prisme de notre passion, le deux-roues.
signature coco

Hommage et salut à mon ami Innocent Elessa Ngollo

Et si le parc de deux routes motorisés d’un pays en disait plus long sur son économie que des discours d’experts !

Il existe de nombreuses façons de connaitre le niveau de richesse et/ou de développement d’un pays. On peut écouter « les experts à la télévision », mais c’est prendre un gros risque, on peut consulter les statistiques des organismes officiels. Le danger est moins grand, mais encore faut-il de l’habitude et savoir lire entre lignes pour déchiffrer ce vocabulaire un peu ésotérique.

On peut recourir à une méthode certes plus onéreuse, plus empirique, mais beaucoup plus parlante, plus réaliste et combien plus agréable. On prend un billet d’avion, on se rend dans le pays, on visite des villes, on traverse les campagnes, on regarde attentivement et on boit une bière avec un de ces habitants qui est heureux et fier de vous dire qu’il connait bien la France et avec qui, petit à petit, la confiance naît et les confidences arrivent.

Alors vous apprenez que le Cameroun qui vous accueille si chaleureusement a vécu sous la botte allemande, a été « offert » en partage à la Grande Bretagne et à la France, qu’il fut placé sous la protection des Nations Unies et qu’il a acquis son indépendance dans une guerre sanglante où la France, patrie des droits de l’homme s’est comportée en nation abjecte n’hésitant pas à raser, incendier des villages et d’en tuer les occupants, hommes, femmes et enfants confondus et mêlés dans ce drame. Au moment où l’on rappelle le martyr d’Oradour-sur-Glane, il serait bon de ne pas oublier certains actes commis par des Français.

Ce Noir avec qui j’ai partagé ma première bière africaine m’a parlé de la France sans amertume, puis a évoqué le silence qui, dans son pays, a suivi la guerre d’indépendance par la main mise, la main de fer du dictateur homme de paille installé par la France : Ahidjo. On commence à peine a évoquer cette période glorieuse de la lutte pour l’indépendance mais encore tabou. Cet homme sage ne doutait pas un seul instant des capacités des habitants de son pays à relever tous les défis pourvu que « le vieux » qui règne depuis plus de trente ans laisse sa place aux nouvelles générations.

La confiance étant réelle je me suis permis de lui confier mes premières impressions sur son pays que je découvrais, à partir de ce que je voyais et non en citant les livres que j’avais consultés avant de prendre l’avion. Il m’a confirmé qu’il n’y avait pas d’émergence de classe moyenne quand je lui faisais remarquer qu’en apercevant le parc de voitures, je pensais qu’il existait une poignée de très riches et une multitude de personnes vivant dans la précarité voire dans une pauvreté assez marquée. Il ne m’a pas contredit et nous en sommes venus à parler des taxis et des motos taxis si typiques de la vie urbaine à Douala.

Les taxis voitures ou « fend la mort » !

Les taxis voitures sont de très vieux modèles souvent déglinguées mais qui roulent par l’obstination de leur propriétaire. En France nous semblons découvrir les bienfaits du covoiturage, mais nombre de taxis sillonnent encore Paris avec un seul client. Là, rien de comparable. Pas de stations fixes, on charge le client là où il fait signe et on complète avec d’autres clients. Si bien que les taxis sont souvent « pleins comme des œufs ». Le taxi c'est le "taxi ramassage." Ils étaient la terreur des routes de Douala jusqu'à l'arrivée des Bend Skin.

Pour les deux roues voire trois roues motorisés, il en va de même. Ce sont les « Bend Skin » comme on les appelle.

Les Bend Skin ou « courbe le dos »

Ce nom, qui signifie « courbe le dos », décrit la position supposée du motard sur son engin. Et puis c'est aussi le nom, en fait le surnom un peu caricatural d'une danse Bamiléké*. Sachant qu'ils le sont pour la plupart, une vraie confrérie qui symbole à la fois le désordre et la débrouillardise de la ville. Il s’agit d’une vraie corporation très solidaire qui ne respecte aucune des obligations du code de la route (paragraphe écrit avec le concours d’Hemley mon amie camerounaise).

 

Le saviez-vous ?
*Les bamiléké sont les habitants des hauts plateaux occidentaux du Cameroun (ils étaient environ 2 millions en 1990) ; ils sont groupés en chefferies traditionnellement indépendantes les unes des autres... Leur organisation très complexe était efficace et dynamique. L'expansion démographique, qui reflète cette intense vitalité, cause de graves problèmes car l'émigration ne suffit pas à remédier à la surpopulation...
Lien source : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bamileke/

 

 

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